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Historique Digue

 

Carrossier de métier à Paris, Pierre Digue fait ses premières armes en construisant pour le compte de « La Remorque Industrielle », les remorques de la Mission Marchand, au Sahara. photo 1

A partir de 1950, au 74 rue du Commerce à Paris (XVe), qui restera le siège social jusqu’en 1967, Pierre Digue conçoit ses propres petites remorques. Il carrosse et aménage également un fourgon "Renault" 1000 kg, baptisé "Passe-Partout" photo 2 dont il assure lui-même la promotion photo 3 en participant avec sa famille à de nombreux rallyes et expositions. photo 4

Visite du Ministre de l'Education Nationale :
Photo 5

Publicité parue dans la revue « Camping Caravaning » de mai 1952 :
Photo 6

Une petite série en est lancée mais l'heure du camping-car n'a pas encore sonné.

Dès 1953, Digue se tourne vers la caravane. La raison sociale juridique de Pierre Digue, jusqu’en 1955 sera : "Paris Caravane". Pierre Digue s'associe alors avec Roger Pagnier, ex. carrossier peintre à l'atelier de la rue du Commerce. Les modèles des caravanes sont classiquement construits en Duralinox et contreplaqué sur structure frêne. Les glaces sont descendantes sur crémaillères. Avec leur toit à lanterneaux, elles sont belles et traditionnelles. Voici la gamme Digue de 1955 : Digue Provence 3m, Digue Anjou 3m68, Digue Bretagne 3m88.
(On remarque par là que Caravelair a emprunté ces appellations provinciales dix ans après).
Photo 7 photo 8 (suivant une photo, il y aurait aussi la Digue Normandie et la Digue Provence)

Publicité de mars 1955 :
Photo 9

Publicité parue dans la revue « Caravaning » de mars 1956 :
Photo 10

Mais en 1956, les importations sont libérées et Pierre Digue prend un virage déterminant en devenant importateur des populaires Sprite anglaises (porte à gauche) photo 11 photo 12 photo 13 photo 14 et de trois autres marques. photo 15

Il pense aux concessionnaires automobiles pour constituer son réseau national, mais aucun des vingt mille contactés n'accepte et ce sont finalement les magasins de sport "La Hutte" qui s'en chargent. Roger Pagnier, qui possède un sens commercial très développé va grandement contribuer à la mise en place du réseau de concessionnaires.

En 1957, les coûts d’importation augmentent brutalement sous le gouvernement De Gaulle : Digue construit alors les Sprite sous licence (porte à droite).

Avant d’être devenu le plus gros importateur de caravanes anglaises, Pierre Digue avait été constructeur. Cette augmentation des coûts d’importation l’oblige à revenir à son ancienne activité.

De 1957 à 1958, les caravanes Digue sont construites à l’usine de Gif-Sur-Yvette en région parisienne dans le 77, 3 avenue du Général Leclerc. (Il n'y a plus de doc en Mairie, plus aucune trace de rien...)

Les réalisations s’inspirent des productions anglaises de grande diffusion, mais revues, corrigées, fabriquées et aménagées façon française. La plus grosse modification provient d’abord de la coque. Les deux modèles construits en France (Sprite Alpine-France et Sprite 14 France photo 16, photo 17 photo 18 photo 19 photo 20 sont réalisés, pour la paroi extérieure, en tôle d’acier traitée inoxydable, renforcée et raidie par des membrures d’acier en profilé de formes diverses, soudées électriquement. La paroi intérieure, en Isogil, est rivée aux membrures de renfort de la carrosserie. Les essieux droits sont montés sur ressorts à lame. La réalisation offre une finition au goût et au désir bien français : un travail propre et soigné pour un prix très étudié.

Les aménagements ont conservé les dispositions d’origine. Malgré les difficultés de mise en route de toute nouvelle industrie, deux caravanes sortent par jour et un réseau de 15 concessionnaires et agents en assure la distribution.

Dès lors le développement de son organisation sera irrésistible : en septembre 1957, Pierre Digue fête en compagnie de ses 15 agents, la 1000ème caravane vendue.

En 1959, apparaît la Sprite Major France. La production en série s’accompagne d’une fabrication toujours améliorée et des perfectionnements sont à noter tant dans les aménagements intérieurs que dans la présentation extérieure. photo 21

 

 

En octobre 1959, Pierre Digue s'explique : "Les premiers sur le marché Français, nous avons compris que la caravane se populariserait. Or les dernières vacances l'ont prouvé : la caravane n'est plus l'apanage d'une seule élite, les jeunes caravaniers sont sans cesse plus nombreux, de même que les attelages "voiture de série-caravane de série". Ces constatations encourageantes pour nous prouve que nous étions dans le vrai lorsqu'en 1957, pour palier la suppression des importations, nous nous sommes résolument lancés dans la construction sous licence, construction qui sut séduire le grand public grâce au choix de lignes sobres, d'une grande habitabilité et d'un prix défiant toute concurrence. photo 22

Nous avions un objectif immédiat : la série, la grande série. Prenant exemple sur l'automobile ou seule la production massive a permis simultanément une vaste diffusion et une amélioration constante des performances et de la qualité, nous avons en pratiquant ces investissements indispensables, engagé, l'avenir de notre entreprise et celui de nos ouvriers sur un pari et une conviction : l'avenir du caravaning. Le succès, avouons-le franchement, a dépassé nos prévisions...

En 1959, la deux millième caravane sort de chez Digue. photo 23 Destinées à être assemblées en grande série, ces Sprite France photo 24 photo 25 sont, bien entendu, à structure acier revêtue de tôle électrozinguée.

Digue fera tout de même montre d'originalité de loin en loin, pour tester la clientèle ou faire parler de la marque, notamment avec la Prestige du salon 1959, une résidentielle de 7,70m à double train de roue et une ligne résolument américaine, marquée par un front proéminent et un aileron arrière. photo 26 et ici en simple essieu photo 27

De cette Prestige de Salon dérivera quelques mois plus tard la Sortilège, de même inspiration mais en 2,90m de long. Son bandeau orange vif tranche résolument avec le jaune canari habituel... photo 28
Réceptions "Digue", fins de salons ou à leur usine à Rozoy, quelques comptes rendus en images photo 29

En 1960, la gamme est donc constituée des fameuses Prestige et Sortilège, mais également d’une gamme plus classique comprenant les Sprite Alpine France (version A ou B), la Sprite 14 France et la Major 60 (livrable en 6 versions différentes).
photo 30 photo 31

Au Salon d’octobre 1960, photo 31a la nouvelle série s’appelle « Panoramic » et est constituée de 5 versions dont 2 toutes nouvelles : Panorette (entièrement nouvelle), Alpiramic (présentation rajeunie de l’Alpine), Panoramic 14
photo 32 nouvelle version de la Sprite 14 France, Majoramic (présentation rajeunie de la Major) et la Superamic (entièrement nouvelle). photo 33

Au Salon d’octobre 1961, la nouvelle surprise dérivée de la gamme Panoramic, sera la Duoramic, une 5,50 m avec chambre à l'étage ! photo 34

En 1962, la dix millième Sprite-France sort de chez Digue. 9 modèles composent désormais la gamme : Panorette, Alpiramic, Panoramic 14, Castelamic, Majoramic, Grandamic, Superamic, Prestige et Sortilège.

Cette gamme s'enrichit non seulement de deux nouveaux modèles, la Castelamic et la Grandamic, mais aussi d'une présentation particulièrement élégante : carrosserie extérieure blanche (qui remplace le grège), bandeau multipli jaune canari vif (qui remplace le jaune pâle) à la hauteur des baies.

Au cours de cette année sortira aussi un autre nouveau modèle: la Panoramic B (modèle avec cuisine en bout)

En plus des grands magasins de sport "La Hutte" qui distribuaient officiellement les caravanes "Digue", va naître au début de cette année 1962, une immense Station-Service de la caravane digne du dynamisme du Réseau tout entier et à l'échelle de la première marque française : Le "Centre Parisien de caravanes Digue & Cie de Coignières" photo 35

Situé à 25 minutes de Paris, en pleine campagne, à la sortie de l'autoroute de l'Ouest sur la Nationale 10 à quelques kilomètres de Trappes, cette grande Concession vient s'inscrire dans une chaîne de Centres déjà répartis sur l'ensemble du territoire et dont les installations sont en pleines extension.

Ici les grands centres régionaux,
celui de Bordeaux photo 36 et puis Toulouse, Nantes, photo 37 Saint-Etienne... photo 38

Puis la vingt millième en 1963, photo 39 tirée au sort et remportée par un journaliste de tintin. photo 40 Le réseau de Pierre Digue et Cie compte alors deux cent agents.

Enfin la dernière date à se rappeler est celle du printemps 1963, où Digue épaule ses Panoramic, par une série Welcome, plus cossue, reconnaissable à sa peinture en deux tons blanc et bleu pétrole et à ses baies d'angle trapézoïdales. Voir dans "modèles" les photos.

Ces Welcome devront, à coups sûr, à leur constructeur la Coupe d'or du bon goût Français. Simone Digue, vendra l'entreprise en 1967 qui restera leader en France jusqu'en 1981.

Derniers voeux...
Photo 41.


La marque "Traeler" ressemble beaucoup au "Welcome". En effet elle a été concue et fondé par un ancien responsable du bureau d’étude de Digue
photo 42

Les "Traeler" sont sorties quelques mois avant les "Welcome".

La gamme "Welcome" chez Digue (Caravette, Amorette, Coronette, Baronette, Consulette, Cosmonette) apparaîtra dès avril 1963.

Toutefois Digue gardera des points communs aux "Sprite" jusqu'au début des années 70, comme notamment les "têtes de lapin" (tête d'attelage) que l'on continuera à voir sur les caravanes du groupe C.I. (Caravan International) qui regroupa "Sprite", "Eccles", "Willerby".

La gamme "Welcome" : Minorette, Caravette, Amorette, AmoretteB, Coronette, Baronette, Cosmonette, Charmette, Castorette, Cosmonette GS avec 2 portes et Bungalette, devenue le haut de gamme Digue, sera épaulée par la gamme "Spatiale" en 1965/66 (Favorette, Geminy’s, Mariner’s, Mariner's B, Ranger’s, Polary’s, et Agena), puis en 1968/69, apparaitra la gamme "Légère" (début des tôles en alu prélaquées)
photo 43 qui préfigurera la physionomie des Digue du début de la décennie 70.

En août 1964, Digue s'essaie à la caravane pliante en faisant fabriquer un modèle, la "Gadget" par la société Charlemagne, firme spécialisée depuis longtemps déjà dans la pliante. Ce modèle également commercialisé par la marque "Charlemagne" sous son propre nom, ne semble pas avoir rencontré le succès.
photo 44

Image du 1er rallye Digue à la neige en 1966
photo 45

Pour le millésime 1969, Digue lancera un concours, afin de réaliser de nouvelles ambiances et c’est le magazine "ELLE" qui le remportera. (Dessiné par le cabinet de design "TUAL") Les intérieurs seront dès lors en formica blanc et le lino rouge. Le succès ne sera pas en rendez vous, en effet les laminés blanc en plein soleil éblouissaient les caravaniers !

En 1970, Digue reviendra à une décoration un peu plus conventionnelle.

Ici découvrez la chaine de montage à l'usine en 1970
Photo 46

Simone et Pierre Digue aurait revendu leur Société en 1967 à un groupe américain, pour quelques dizaines de milliers de Francs, revendu 2 ans après pour plusieurs milliards à un autre groupe américain, puis 2 autres acheteurs ont suivi, pour terminer dans les bras d'un suédois, qui ne voulait plus faire de la quantité (19.000 caravanes en 1979) mais qui voulait faire que du profit. La Société a fait faillite 2 ans après.

Durant l’année 1974 ou 1975, le logo "Bendix" apparaît à gauche de la porte d’entrée des caravanes. Un des propriétaires U.S. qui en fait regroupera Digue et Dragoner.

Durant les années 80, c’est le groupe Rozoy-France
photo 47 qui semble (photo 48 - Article Rozoy France en 1986) prendre les rennes de l’entreprise et jusqu'en 1987 ou 1988 date à laquelle Trigano photo 49 rachète Digue et l'usine de Rozoy-Sur-Serre, pour en faire un dépôt de pièces détachées et bloquer toutes nouvelles apparitions de cette marque.  

Pierre Digue est décédé en 1981, à l'âge de 68 ans. Il était né en 1913.

 
L’usine de Rosoy-sur-Serre
 
C’est à Rozoy-sur-Serre dans l'aine (02) et cela jusqu'à la fin, en 1987, que furent construites les caravanes Digue. Entre temps dans les années 70, et pour des raisons de mises en conformités, une seconde usine sera ouverte à St Michel, à quelques kms de Rozoy. Cette dernière emploiera jusqu'a 700 personnes contre 400 à Rozoy. A St Michel, on y consacrera l'aménagement de camping-car "Digue", "L'aristocrate" ainsi que les caravanes "Dragoner" puis les "Digue" en renfort. St Michel fermera en 1976. Mis a part quelques catalogues, Trigano possède très peu de documentation, en effet l'usine a été innondé plusieurs fois et à aussi connu un incendi photo 50 un jour tragique (Avril 1982).
 
Bulletin d'info municipale commune de Rozoy-sur-Serre N° 35 de Mars 2006
 

L'usine fût le symbole de la prospérité dans la commune, puis la cessation d'activité, dans les années 1980, fût ressentie par tous les Rostands comme un véritable traumatisme.

Aujourd'hui, recentré sur des activités commerciales avec "Trigano Service", le site renait en passant du secteur secondaire au tertiaire, suivant un peu en cela, d'ailleurs, la tendance générale que l'on observe dans notre pays.

"Rozoy Info" a choisi, cette année, de retracer l'histoire de l'usine, centre de l'activité locale pendant près d'un siècle.

L'usine a été bâtie en 1900 par Monsieur Lebegue-Joly de Sissonne pour faire une distillerie. Les cultivateurs lui avaient promis des betteraves pour faire de l'alcool mais ils ont préféré laisser pourrir les betteraves dans les champs que de les livrer a Monsieur Lebegue.

Ce fût la faillite et l'usine est restée inhabitée jusqu'en 1910. Les agriculteurs pensaient que l'usine prendrait leurs ouvriers et qu'il faudrait les payer plus cher !

Après Mr Lebegue, c'est Mr Morin qui a mis en place l'usine de bois cintrés en 1912. Il avait fait venir beaucoup d'ouvriers de Mohon, dans les Ardennes. Environ 150 avec les familles ! L'entreprise Morin comprenait donc une scierie et une fabrique de bois cintrés. Une cheminée est alors construite qui surplombera la Serre pendant 63 ans.

Pendant la guerre, les Allemands ont profité du matériel tout en cuivre, ils ont fait de la limonade.

En 1920, c'est un Belge, Mr Duchesnes, qui prend la direction de l'usine. En 1926, l'usine subit un incendie puis en 1930, ce sont les inondations. Ses dirigeants la dotent alors de son propre service incendie avec une motopompe, sans doute la première à Rozoy et ce, dès 1932.

L'entreprise change de nom pour devenir "Les scieries de Rozoy sur Serre" puis l'activité cesse en 1940, avec la Seconde Guerre Mondiale.

L'usine n'a plus d'activités jusqu'en 1958, année de l'arrivée à Rozoy d'un certain Pierre Digue. Ecoutons à ce propos René Pate, maire de Rozoy en 1953 et 1965 :

"La venue de Digue fut le fruit du hasard. Un routier qui transitait régulièrement de Paris à la vallée de la Meuse s'était arrêté chez Boudesocque, le coiffeur. Il avait repéré la cheminée de l'usine. Il disait connaître un artisan carrossier qui voulait implanter une affaire dans un petit village. Monsieur Boudesocque m'a alors envoyé tout de suite ce routier. J'ai ensuite contacté Monsieur Digue dont l'adresse m'avait été donnée et c'est ainsi qu'il y eût à Rozoy une activité de caravanes.

Ndlr : L'usine (voir au fond) les Digue par centaines sur le terrain aménagé
Photo 51

Pour l'anecdote, Mr Berquet, un des 1ers fournisseurs d'intérieurs en bois des caravanes "Digue" et qui a équipé entre autre la fameuse "Digue Welcome Coronette" du raid "Le Cap Alger" en 1970, (voir dans "Diguoscope") ainsi que la caravane d'Achile Zavata en 1978 et que nous avons rencontré à Rozoy dernièrement, nous explique que Simone et Pierre Digue, arrivés sur les lieux en soirée, découvrirent "l'usine de rêve" avec cette belle et dominante cheminée tant recherchée.. Pierre Digue était fou de joie !

Ils décidèrent illico de dormir sur place, impatients d'en savoir plus au petit matin...

Mr Berquet a travaillé pendant 15 ans avec Simone et Pierre Digue. Il nous a exprimé beaucoup de bien des "Digue" "des clients durs en affaire, mais sérieux et les traites étaient toujours réglées à l'heure ! fin Ndlr

Dans les années 1960 à 1965, Lucien Cochefert, artisan bourrelier à Rozoy, travaillait en sous-traitance pour l'usine Digue : "Nous faisions des couchettes pour les caravanes. Eux fournissaient la toile, on la cousait pour passer les tubes. Quelques fois, ils en commandaient 200 d'un coup ! Il fallait les faire tout de suite. Après ils ont changé de technique".

Dans les années 70, ce sont plus de 16000 caravanes qui sont produites annuellement. L'entreprise emploie alors 1100 personnes sur les 2 sites (Rozoy et St Michel) Par jour, ce sont jusqu'à 32 wagons, soit près de 80 caravanes, qui sont expédiées partout en France ou à l'étranger. Puis avec la création de la S.A.C. (Société d'Acheminement de Caravanes), les camions prennent le relais.
Photo 52

C'est la prospérite à Rozoy, Pierre et Simone Digue sont considérés comme des bienfaiteurs et ils sont mis à l'honneur.

Ndlr : Les "Digue" vivent à Paris, mais ils sont souvent présents à Rosoy auprès de leurs employés. C'est Madame Digue qui aurait monté toute la Société, de plus elle figure au conseil municipal de Rosoy - C
'est la grande et la meilleure époque. C'est celle de Simone et de Pierre Digue. fin Ndlr


 
La rue principale du lotissement du Point du Jour est baptisée à leur nom, par délibération du Conseil Municipal, le 05 juillet 1978.

Malheureusement, quelques années plus tard, c'est le désenchantement. Le 19 février 1981 (Ndrl : Simone et Pierre ne sont plus dans la course depuis bien longtemps déjà) l'Assemblée Communale vote une motion concernant la dégradation du travail aux Etablissements Digue.

En Avril 1981, c'est la menace de 130 licenciements. Rozoy est declarée ville morte. Le personnel, les élus, les Rostands sont dans la rue. La mairie et les commerçants ferment leurs portes par soutien. Il faut dire qu'entre temps, l'usine a été rachetée par les Suédois. Les principaux dirigeants ne sont pas sur place. La caravane ne se vend plus aussi bien et la reconversion n'a pas été suffisamment préparée. Rapidement, c'est le premier dépôt de bilan puis l'espoir qui renait avec un nouveau repreneur.

Espoir de courte durée. En 1987, c'est la fin. Il n'y aura plus de caravane "Digue" fabriquées à Rozoy.

C'est donc le groupe "Trigano", principal fabricant de caravanes et de camping cars Français, qui reprend "Digue" en 1987.

L'usine ne produit plus mais une activité demeure. "Trigano Service" est devenu une plaque tournante de pièces détachées. Ils les commandent chez leurs fournisseurs puis les redistribuent aux concessionnaires. "Trigano service" emploie aujourd'hui 45 personnes.

Souhaitons qu'elle se développe encore !

A suivre...

Remerciements pour leur chaleureux accueil lors de notre passage, avec Damien, en octobre 2008 :

A Alain Jaubert, Directeur de l'entreprise "Trigano Service" et à toute son équipe !

A la Mairie de Rozoy-sur-Serre.

A Jean Berquet, ébéniste, un des grands fournisseurs pour "Digue".

A Paul Deruelle, qui a fait entière carrière chez "Digue" puis chez "Trigano" pour l'activité des pièces détachées.