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Textes, extraits du livre "les caravanes de chez nous" - Editions MDM.

(click sur les liens-photos de 1 à 22 rajoutes a l'article)

Carrossier de métier à Paris, Pierre Digue fait ses premières armes en construisant pour le compte de la Remorque Industrielle, les remorques de la Mission Marchand, au Sahara. photo 1 Puis en 1950, il carosse et aménage un fourgon 1000 kgs Renault, baptisé "passe-partout" photo 2 dont il assure lui-même la promotion photo 3 en participant avec sa famille à de nombreux rallyes et expositions. photo 4

Une petite série en est lancée mais l'heure du camping-car n'a pas encore sonné et dès 1953, Digue se tourne vers la caravane : ses modèles sont classiquement constuits en duralinox et contreplaqué sur structures frêne. Les glaces sont descendantes sur crémaillères et le toit à lanterneaux. Mais en 1956, les importations sont libérées et Digue prend un virage déterminant en devenant importateur des populaires Sprites anglaises photo 5 photo 5a photo 5b photo 6 photo 7 photo 8 et de trois autres marques.photo 9 photo 9a photo 9b photo 9c photo 9d photo 9e

Il pensait aux concessionnaires automobiles pour constituer son réseau national, mais aucun des vingt mille contactés n'acceptera et c'est finalement les magasins de sport la Hutte qui s'en chargeront. En 1957, la France stoppe à nouveau les importations : Digue construit alors les Sprite sous licence.

Dès lors le développement de son organisation sera irrésistible : en septembre 1957, Pierre Digue et Cie fêtent en compagnie de leur 15 agents, la millième caravane vendue. En 1959 c'est la deux millième, photo 10 la dix millième en 1962. La vingt millième en 1963,
photo 10a tirée au sort et remportée par un journaliste de tintin. photo 10b Le réseau de Pierre Digue et Cie compte alors deux cent agents et d'impressionnants magasins d'expositions munis de piste d'essai de conduite. photo 10c

En octobre 1959, Pierre Digue s'explique : "les premiers sur le marché Français, nous avons compris que la caravane se populariserait. Or les dernières vacances l'ont prouvé : la caravane n'est plus l'apanage d'une seule élite, les jeunes caravaniers sont sans cesse plus nombreux, de même que les attelages "voiture de série-caravane de série". Ces constatations encourageantes pour nous prouve que nous étions dans le vrai lorsqu'en 1957, pour palier la suppression des importations, nous nous sommes résolument lancés dans la construction sous liscence, construction qui sut séduire le grand public grace au choix de lignes sobres, d'une grande habitabilité et d'un prix défiant toute concurrence.

Nous avions un objectif immédiat : la série, la grande série. Prenant exemple sur l'automobile ou seule la production massive à permis simultanément une vaste diffusion et une amélioration constante des performances et de la qualité, nous avons en pratiquant ces investissements indispensables, engagé, l'avenir de notre entreprise et celui de nos ouvriers sur un pari et une conviction : l'avenir du caravaning.

Le succès, avouons-le, franchement à dépassé nos prévisions...
Destinées à etre assemblées en grande série, ces sprites France photo 11 photo 12 sont bien entendu à structure acier revêtue de tôle electrozinguée. Digue fera tout de même montre d'originalité de loin en loin, pour tester la clientèle ou faire parler de la marque, notament avec la prestige du salon 1959, une résidentielle de 7,70m à double train de roue et une ligne résolument américaine, marquée par un front proéminent et un aileron arrière. photo 13

De cette Prestige de Salon dérivera quelques mois plus tard la Sortilège, de même inspiration mais en 2,90m de long ! Son bandeau orange vif tranche résolument avec le jaune canari habituel... photo 14 Deux ans plus tard au Salon 1961, la nouvelle surprise dérivée de la gamme Panoramic, sera une 5,50 m avec chambre à l'étage ! photo 15 Enfin la dernière dâte à se rappeler est celle du printemps 1963, ou Digue épaule ses Panoramic, par une série Welcome, plus cossue, reconnaissable à sa peinture en deux tons blanc et bleu pétrole et a ses baies d'angle trapézoïdales.

Ces Welcomes devront à coups sûr à leur constructeur la Coupe d'or du bon goût Français. Simone Digue, séparée de son mari, vendra l'entreprise en 1969 qui restera leader en France jusqu'en 1981.
(Fin de l'article "les caravanes de chez nous").

Autres commentaires et infos : Quelques détails à rajouter et surtout à vérifier. Lorsque Pierre Digue construisit les caravanes "Sprite" sous licence, il apposera très vite son nom suivant les modèles anglais, avec la gamme qui donnera les Panorette, Alpiramic, Panoramic A puis B, Castelamic, Supercastelamic, Majoramic, Grandamic, et Superamic (2 portes)..

De 1957 jusqu'au milieu des annees 60, les caravanes Digue sont construites à l’usine de Gif-Sur-Yvette (3 Avenue du Général Leclerc) en région parisienne, puis a Rozoy-sur-Serre 02 et cela jusqu'a la fin, en 1989.

Digue s'inspirera ensuite sans aucun doute d'un autre constructeur français : Faux ! Erreur...

En reel, la marque Traeler a été fondé par un ancien responsable du bureau d’étude de Digue, qui a aussi conçu la gamme "Welcome" avant de partir pour fonder sa propre firme. Ceci explique la ressemblance et même si les Traeler photo 16 sont sorties quelques mois avant les "Welcome", Digue n’a pas copié, en effet les deux types de caravanes sont issus du même créateur.


La gamme "Welcome" chez Digue (Caravette, Amorette, Coronette, Baronette, Castorette...) apparaitra des avril 1963.

Toutefois Digue gardera des points communs aux "Sprite" jusqu'au début des années 70, comme notamment les "têtes de lapin" (tête d'attelage) que l'on continuera de voir sur les caravanes du groupe C.I. (Caravan International) qui regroupa "Sprite", "Eccles", "Willerby"... Durant toute la décénie 70.

La gamme "Welcome" (Minorette, Caravette, Amorette, AmoretteB, Coronette, Baronette, Cosmonette, Castorette, Cosmonette GS avec 2 portes et Bungalette) devenue le haut de gamme Digue, sera épaulée par la gamme "Spatiale" en 1965/66 (Favorette, Geminy’s, Mariner’s, Mariner's B, Ranger’s, Polary’s, et Agena), puis en 1968/69, apparaitra la gamme "Légère" photo 17 qui préfigurera la physionomie des Digue du début de la décénnie 70.

Pour le millésine 69, Digue lancera un concours, afin de réaliser de nouvelles ambiances, c’ est le magazine "ELLE" qui le remportera. Les intérieurs seront dès lors en formicas blanc et le lino rouge. En 1970, Digue reviendra à une décoration un peu plus conventionnelle.

En août 1964, Digue s'essaie à la caravane pliante en faisant fabriquer un modèle, la "Gadget" par la société Charlemagne, firme spécialisée depuis longtemps déjà dans la pliante. Ce modèle également commercialisé par Charlemagne sous son propre nom,  ne semble pas avoir rencontré le succès . photo 18

Image du 1er rallye Digue a la neige en 1966 photo 19 .

Pierre et Simone Digue aurait revendu leur Societe en 1967 à un groupe américain, pour quelques dizaines de milliers de Francs, revendu 2 ans après pour plusieurs milliards à un autre groupe américain, puis 2 autres acheteurs ont suivi, pour terminer dans les bras d'un suédois, qui ne voulait plus faire de la quantité (19.000 caravanes en 1979) mais qui voulait faire que du profit. En fait il n'avait aucun profil industriel. La Societe a fait faillite 2 ans après...

Durant l’année 74 ou 75 le logo "Bendix" apparaîtrait à gauche de la porte d’entrée, un des propriétaires US qui en fait regroupera Digue et Dragonner.

Durant les années 80, c’est le groupe Rozoy-France photo 20 qui semble (21 - Article Rozoy France en 1986) prendre les rennes de l’entreprise et jusqu'en 1988 ou 1989 dâte à laquelle Trigano photo 22 rachete Digue et
l'usine de Rozoy-Sur-Serre, pour en faire un dépôt de pièces détachées et bloquer toutes nouvelles apparitions de cette marque, que l'on désignait à l'époque comme un nom de produit : une Digue, comme un Frigidaire. 

Fin

Mais les Digue roulent toujours..

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